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Langue : Français.
Auteur/Illustrations : Julie Jaumot.
Editeur : Allée des Loupiotes.
Age : Dès 3 ans.
Date de parution : 9 février 2026.
Interview.
Pouvez-vous vous présenter en quelques mots ?
Je m’appelle Julie Jaumot. Je suis autrice, illustratrice, conseillère pédagogique… et grande collectionneuse de carnets, d’idées et de projets à moitié commencés. J’aime raconter des histoires, dessiner, structurer, bidouiller, observer les enfants, grandir. Bref, je navigue entre création et transmission, souvent en même temps.
Quel est votre parcours ?
J’ai une formation en arts plastiques et un master en pédagogie (agrégation). J’ai longtemps enseigné l’art plastique et le théâtre a des adolescents, puis je suis devenue conseillère pédagogique dans le secteur arts en Belgique. Ça veut dire que j’accompagne les enseignants dans les questions qu’ils se posent, dans leur pédagogie. En parallèle, j’écris et j’illustre des albums jeunesse. Et je suis aussi maman, d’une petite Alice de 7 ans, et d’un grand Martin de 14 ans. Je dis souvent que j’ai 3 temps pleins ! Ces 3 mondes se nourrissent en permanence. Les enfants m’inspirent mes livres. La pédagogie nourrit mon récit. Et ces récits accompagnent autant les enfants que les professeurs, car j’aime glisser des tips pédagogiques à la fin de mes livres ou créer des dossiers pédagogiques (à télécharger sur mon site Web).
Comment est née l’idée d’Arthur LeLoup ?
Arthur est né d’une accumulation de petites scènes du quotidien. Des enfants trop gentils. Des adultes qui disent « sois sage, dis oui, arrête de dire non » avant de dire « qu’est-ce que tu veux, TOI ». Et puis, j’ai vu l’effet sur les ados, des élèves qui s’effacent pour ne pas déranger. Et des adultes, qui ont peur de s’affirmer et qui disent oui pour ne pas avoir à dire non. Le grand terrible méchant loup qui n’ose pas dire non, ça me semblait être le grand écart parfait !
Aviez-vous un message particulier à transmettre à travers cette histoire ?
Oui. Dire non n’est pas être méchant. On peut dire non gentiment. Mettre des limites n’est pas un manque d’amour. Se respecter, c’est aussi respecter les autres. Et ça s’apprend. Lentement. À Tâtons
Avez-vous eu, enfant, du mal à dire non ou est-ce quelque chose que vous avez observé chez des proches ?
Les deux. J’étais plutôt du genre à dire oui, pour ne pas devoir dire non. J’avais peur de blesser. Je pense qu’on a dû m’enseigner la culpabilité très tôt ! Et, surtout, au contact d’enfant, d’ado, d’adultes, à l’école. Dans les familles. Chez les copains… J’appelle ça, le syndrome du bon élève. Vous savez celui qui est toujours serviable. Arthur, c’est un peu un patchwork de toutes ces histoires.
Combien de temps a duré la création de l’album, de la première idée à sa publication ?
Si on compte les vraies heures de travail : environ un an. Si on compte les idées qui mûrissent dans la tête sous la douche, en voiture, en réunion, en faisant les courses : plutôt trois ou quatre ans.
J’ai un carnet à « titres de livres » que je remplis dès que j’ai une idée. Arthur Leloup est écrit dedans depuis un bout de temps déjà. Mais la liste est tellement longue.
Si vous deviez résumer Arthur LeLoup en une seule phrase à destination des familles, laquelle serait-ce ?
Un livre pour apprendre à dire non sans sortir les crocs.
Et en une phrase à destination des enfants ?
Tu as le droit de dire non. Et tu peux rester gentil quand même. Les autres t’aimeront même si tu dis non.
Selon vous, l’école a-t-elle aussi un rôle à jouer dans l’expression et l’accompagnement des émotions ?
Énormément. L’école n’est pas qu’un lieu d’apprentissage de matière. C’est un laboratoire de vie sociale. On y apprend à coopérer, à se fâcher, à réparer, à comprendre ce qu’on ressent.
Si on ne prend pas ce temps-là, on laisse les enfants se débrouiller seuls avec des émotions très grandes dans des corps très petits. Et ce n’est pas très juste. Ils ont besoin qu’on les guide, qu’on les entende. Parfois de grandes oreilles ; ça suffit.
Et si on échangeait?