Interview de Orbie pour l'album A l'EnVerre.

Sommaire

  1. Interview.

Langue : Français.
Auteur/Illustrations : Orbie.
Editeur : 400 coups.
Collection : Grimace.
Age : Dès 5 ans.
Date de parution : 26 février 2026.

Interview.

Pouvez-vous vous présenter en quelques mots ?

Je suis Orbie, autrice et illustratrice jeunesse de la Gaspésie, au Québec.

Quel est votre parcours ?

Je suis autodidacte, j’ai toujours aimé dessiner et apprendre par moi-même.

J’ai démarré à mon compte, comme illustratrice, en 2009, en dessinant sur commande, pour des entreprises et des organismes.

En 2014, j’ai illustré mon premier livre « La petite truie, le vélo et la lune », écrit par Pierrette Dubé aux 400 coups. J’ai eu un véritable coup de coeur pour l’album jeunesse.

J’ai commencé à me consacrer complètement aux livres peu de temps après. Puis, j’ai travaillé sur plusieurs album avant de commencer à écrire mon premier livre, en 2019, La corde à linge. Une deuxième coup de coeur créatif. J’adore collaborer avec des auteurs, mais lorsque j’écris et j’illustre, je peux explorer un univers très proche de qui je suis vraiment, de mon imaginaire et mon chaos créatif. Mes livres comme autrice ont gagné plusieurs prix, ça m’a encouragée à continuer dans cette voie.

J’ai depuis eu beaucoup de plaisir à créer plusieurs BD et albums jeunesse. À l’enVERRE est mon 21e album et le 7e comme autrice-illustratrice.

Depuis trois ans, j’ai aussi commencé une routine de création quotidienne, en exploration, jeu et expérimentations, dans mes carnets. Ça alimente vraiment beaucoup ma pratique artistique et à l’enVERRE a été beaucoup influencé par ma démarche de sketchbooking. Je partage mes explorations sur mon blog et dans mes exercices créatifs, que je propose sur mon site internet.

Comment est née l’idée de À l’enVerre ?

L’idée du livre est né dans un atelier d’écriture jeunesse, avec Jenifer Tremblay. L’exercice était d’imaginer des titres de livres à partie de mots pris au hasard. J’ai écris « verre » et pigé « prison ». C’est en pensant à ce qui se passerait, si un personnage était prisonnier d’un verre que l’histoire a pris forme.

Combien de temps a duré la création de l’album, de la première idée à sa publication ?

Le processus a été plutôt long, à partir du moment où j’ai eu l’idée. J’avais beaucoup d’autres projets de livres et celui-ci était toujours un peu en réflexion, en arrière-plan. Je notais au fur et à mesure les idées, sur l’histoire, les péripéties, les ambiances, les décors, les personnages. Puis, j’ai obtenu une bourse de création, pour travailler sur le livre, en impliquant les élèves d’une école local au processus créatif.

Le travail de création a duré environ 3 saisons. 1 saison pour l’écriture et le storyboard. Une autre pour la recherche de couleurs et illustrer la moitié des pages de la bande dessinée. Et la dernière saison pour illustrer la deuxième moitié des pages du livre, qui était de plus en plus populeuse en personnages.

Aviez-vous un message particulier à transmettre à travers cette histoire ?

Je ne pense jamais à passer un message ou une morale lorsque j’écris. Je suis plus une créatrice instinctive. Je suis où l’histoire veux aller, vers ce que je trouve le plus drôle et ce qui me semble le plus intéressant. Mon but est de faire passer un bon moment aux parents, comme aux enfants lecteurs. C’est certain que comme j’écris l’histoire, mes valeurs peuvent ressortir, à travers différents messages, mais c’est rarement conscient.

Pensez-vous que le personnage d’Alfonse puisse aider les enfants et les parents à aborder la question du rangement avec plus de légèreté ?

Si les parents ont envie d’aborder cette question, pourquoi pas. Mais je n’avais pas pensé le livre ainsi.

En fait, Alphonse, c’est un peu moi, je suis TRÈS très bordélique.

Comment avez-vous réussi à faire participer les élèves et le personnel de l’école Saint-Paul de Pabos ?

J’ai proposé le projet à la direction de l’école qui a été tout de suite très emballée.

Nous avons eu une première rencontre, où j’ai lu aux élèves ce que j’avais déjà d’écris (la situation initiale). Nous avons brainstormé ensemble sur quels genre de habitants et métiers il pourrait y avoir dans un village. Et comment ils pourraient aider Alphonse à se décoincer. Plusieurs des idées des enfants étaient très drôle et ont été rajoutées au scénario. Ils ont aussi dessiné des personnages, selon leurs idées qui m’ont beaucoup inspiré dans le design des personnages du livre.

J’ai ensuite travaillé l’écriture et le storyboard et je suis revenue leur présenter. Je leur ai expliqué comment je travaille les couleurs, comment je fais la recherche pour trouver la technique et la palette de couleurs pour chacun de mes livre et ils ont pu expérimenter les différentes techniques.

Puis à la fin du projet, où j’avais terminé la moitié des illustrations en couleurs, les enfants ont eu chacun un livre prototype du projet, avec la moitié des illustrations en couleurs, la moitié en croquis et à la fin, un feuillet qui explique leur implication.

Si vous deviez résumer À l’enVerre en une phrase à destination des familles, laquelle serait-ce ?

À l’enVERRE raconte l’histoire d’Alphonse, qui en trébuchant sur une traînerie, tombe la tête dans une verre et reste coincé. Il aura ensuite l’aide de tout le village pour trouver des astuces de plus en plus inquiétantes et drôle pour l’aider à se décoincer.

Et en une phrase à destination des enfants ?

Un livre rigolo d’un monsieur qui a la tête pris dans un verre et qui essaie de se décoincer.

Y a-t-il un projet à venir dont vous souhaiteriez nous parler ?

Je travaille présentement à finaliser les illustrations du livre « Le Prouteur Rayé », qui a été écrit par une petite fille (Anne Leblanc) et sa mère (Marianne Paquet). J’ai beaucoup aimé mon expérience de collaborer avec les enfants et leur imaginaire, pour la création de « À l’enVERRE » . Je suis passée un peu par la même démarche avec le Prouteur Rayé. Je trouvais qu’un livre documentaire, sur un animal imaginaire qui pète se prêtait bien à l’exercice.

Le livre sortira en librairie à la fin de l’été prochain, aux Éditions les 400 coups.

Souhaitez-vous ajouter quelque chose ?

Merci de l’invitation.

J’espère que les lecteurs européens apprécieront la lecture de mon livre « À l’enVERRE » et qu’ils aimeront l’incursion dans ce petit village gaspésien de bord de mer, inspiré de mon coin de pays et de mon bordel.

Et si on échangeait?